C’est en
grande pompe que le projet artistique du tram mulhousien avait été présenté en
2004 : conférence de presse à Paris de Daniel Buren et Tobbias Rehberger,
supplément de 4 pages « Le tram-train et la commande publique : 4
artistes sur les lignes » distribué à Mulhouse. 1,7 millions d’euros pour
une commande artistique associant Buren, Rehberger, Pierre Henry pour
l’habillage sonore et Peret pour les couleurs des rames. Si les arches de
Daniel Buren n’ont pas tardé à voir le jour et jalonnent aujourd’hui fièrement
la ligne 2, les huit chantiers prévus le long de la ligne Gare-Rattachement par
l’artiste allemand Rehberger sont toujours en cours d’achèvement !
En 2005, l’adjoint à la culture, convié à présenter le projet au Conseil de quartier de Bourtzwiller, parlait de « gros enjeu » pour l’artiste allemand et de travail « poétique et ludique » C’est sûr, qu’est-ce qu’on s’est amusé avec ce jardin « pruvliqué » (contraction entre les mots public et privé) farfelu annoncé dans le square Baumann ! Comique en effet, le chassé-croisé entre les adjoints Paul Quin et Michel Samuel Weis, l’un ne cachant pas son mépris pour le projet défendu par l’autre. Plus drôle encore, en octobre 2009, un documents SERM/SITRAM donnait enfin une idée, esquisse schématique et plans, du jardin pruvliqué : venu entouré d’une personne du Sitram et de deux personnes de la Serm, l’adjoint à la culture le défendait encore crânement, promettant une réunion en février 2010 et le démarrage du chantier « dans six mois » ! Deux ans de silence plus tard, le compte-rendu du Conseil de quartier du 27 septembre 2011 en faisait enfin le constat : « les jardins pruvliqués ne se feront pas » Ah bon, il y en avait plusieurs !! Singulier ou pluriel, ce projet de l’artiste Tobbias Rehberger ets abandonné, après 7 années de jeu de chat et de souris entre les deux adjoints. Les habitants de Bourtzwiller quant à eux, n’auront eu que la presse locale pour les informer. Les DNA avaient ironisé en 2010 : « Rehberger pianissimo » ou encore en 2011 : « Rehberger, l’expérience tronquée : œuvres inachevées, en panne ou abandonnées » De ce beau projet il ne restera donc dans le quartier de Bourztwiller que « Paroles », fresques à l’alphabet secret (sic !) sur un immeuble l’angle de la rue de la Tuilerie et de la rue de Kingersheim et sur la façade du Pax. Une réussite ! Trop poétique sans doute pour Bourtzwiller, le jardin pruvliqué s’en est allé quant à lui rejoindre les oubliettes.
Depuis le
début de cette année, des événements fâcheux et désolants de succèdent dans ce
quartier, sans semble-t-il déclencher quelques réactions ou prises de
conscience de la part de la majorité municipale. Il y a plus de trois semaines,
un week end pourtant très tendu, marqué notamment par l’agression d’un prêtre
de 83 ans à la sortie de la chapelle Sainte Claire, pour voler le montant de la
quête suite à une messe, fait qui en lui-même est totalement symptomatique de
la perte de repères et de valeurs.Cet incident n'a d'ailleurs suscité aucune
réaction du Maire , personne ne semblant conscient de cette lente mais certaine
dégradation. Une partie de plus en plus importante des habitants de Mulhouse,
et notamment à Bourtzwiller, souffre à la fois de la dégradation régulière de
son niveau et de ses conditions de vie sur le quartier.Il n’est pas acceptable
que l’on laisse un quartier comme celui-ci à l’abandon pour privilégier telle
ou telle catégorie de population. De fait, il va être désormais inéluctable de
voir s’aggraver les problèmes d’insécurité et de précarité. Alors, il est temps
Monsieur le Maire de se retrousser les manches, d’être à plein temps sur le
terrain, y compris à Bourtzwiller.