Des plaques pour les vivants

Donner un nom à une place ou à une rue est généralement réservé à des personnalités, certes marquantes, mais en général défuntes. Quoique être mort n'est pas une obligation. A Mulhouse, la salle des Colonnes à l'hôtel de ville et le square Baumann au coeur du vieux Bourtzwiller ont été affublés de noms de personnalités bien vivantes. Un double phénomène qui ne figurera toutefois pas dans de quelconques annales, puisque les plaques n'ont été exhibées que de façon éphémère. Jean-Marie Bockel a eu droit à sa place le temps d'un trait d'humour formulé vendredi soir par les auteurs du livre Les rues de Mulhouse dans la salle des Colonnes au cours d'un petit raout mondain. Quant à la place Buttazzoni, elle a duré le temps d'une rose (d'hiver), pendant le très coquet marché de Noël de Bourtzwiller du week-end passé.

Pas de roses à la figure

Mais si la Bockelplatz a suscité amusements entendus et rires de connivence, la place Buttazzoni a été ! inaugurée avec une remise de 50 roses à Gilbert Buttazzoni, élu privé de ses délégations d'adjoint et de la présidence du quartier, en présence de Jean-Marie Bockel. Le maire était venu inaugurer le scintillant marché de Noël de Bourtzwiller samedi à la tombée de la nuit. L'initiative a jeté un froid dans l'entourage du secrétaire d'État maire. Les associations du quartier, qui avaient organisé la manifestation, ont symboliquement baptisé la place du marché de Noël du nom de son créateur et signifié ainsi leur reproche à Jean-Marie Bockel d'avoir éjecté de la scène municipale leur ami Gilbert, au seul motif qu'il est resté fidèle au parti de la rose. Le maire a moyennement apprécié et trouvé cet hommage « pathétique ». Quant au premier adjoint Eugène Riedweg, il s'est montré faussement étonné : « Ma parole, vous l'avez enterré ! ».

Curieusement, la veille, l'hommage en forme de plaque pour Jean-Marie Bockel n'avait pas rendu le premier adjoint aussi funèbre.

E.Ch.

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 20.12.2007