Les amis de Jean
Grimont lui ont rendu un émouvant hommage, en ce quatrième anniversaire de son
décès : anciens camarades syndicalistes, militants associatifs ou
politiques étaient rassemblés à Bourtzwiller autour de Pierrot Schneider et de
la famille de Jean : ses deux filles et son fils ainsi que deux de ses
petits enfants.
Il s’agissait également d’attirer l’attention, comme l’a fait déjà à plusieurs reprises Gilbert Buttazzoni, sur le fait que la rue à laquelle la Ville de Mulhouse entend donner le nom de Jean Grimont ne soit en fait qu’une toute petite portion de rue. Vérification fut faite en ce jour printanier, en la présence exceptionnelle de Jacques Bigot, mètre en main par Bernard Mouthon : 78 mètres !
Voici le discours lu ce jour là en mémoire de Jean :
« Je vous inviterai, après les prises de paroles, à nous déplacer vers la future rue de la Fraternité qui va de la rue Brossolette jusqu’à la rue de Quimper, pour nous rendre ensuite vers le « moignon » de rue qui devrait s’appeler Jean Grimont que nous aurons plaisir de « métrer » afin de savoir combien vaut la notoriété d’un homme de sa stature. Quelques dates pour situer ce militant politique, associatif, syndicaliste et caritatif :conseiller municipal de Mulhouse de 1983 à 1989, adjoint au maire, chargé des affaires sociales de 1989 à 2001, député de 1984 à 1988, conseiller général du canton Mulhouse nord de 1989 à 1994 et enfin conseiller régional de 1989 à 1994. Mais aussi membre fondateur et président de SURSO (service d’urgence sociale) et membre de différentes associations (Vie Libre, CLCV, etc., ….).
Et bien sûr, président du Conseil de quartier de Bourtzwiller.
Il était devenu une personnalité incontournable de ce quartier qu’il aimait tant. Même dépourvu de mandat électif, il revenait ponctuellement faire ses courses en simple citoyen au marché de Bourtzwiller le vendredi. C’était aussi l’occasion pour lui de saluer ses amis Claude Amar (vieux militant socialiste qui nous a quitté dernièrement), Claude Chevrot (surnommé le « maire de BZ » et fleuriste de qualité, un vieux gaulliste qu’il avait eu plaisir de retourner politiquement), Bernard, Jacky, Louis et moi-même, cheminots de ce quartier qui nous tient aux tripes. Nous avions souffert dans notre chair et notre cœur lors de sa défaite dans ce canton, battu par un candidat frontiste en 1997.
Autre facette de Jean, son engagement dans le monde syndical à Peugeot et à la SACM. N’oublions pas qu’il avait été prêtre ouvrier animateur de la J.O.C. et de l’A.C.O. On peut dire sans se tromper avec ses amis ouvriers Roger Imbéry, René Seltenmeyer et d’autres qu’il a ouvert une voie royale à gauche à un jeune avocat en mal de notoriété. C’est ainsi que Mulhouse est redevenue socialiste en 1989. En tant qu’adjoint aux affaires sociales il n’a eu de cesse de s’engager auprès des plus humbles de nos concitoyens.
Voilà pourquoi nous nous sommes engagés dans cette juste voie de réhabilitation de sa mémoire en voulant une rue digne de lui. En conclusion je voudrais vous lire un des textes prononcés lors de ses obsèques civiles au centre funéraire de Mulhouse nord :
« Jean, mon frère, notre frère et notre ami, était très attaché à la grandeur de l’homme, servie par la justice et l’égalité. Il s’est mis tout entier au service de ces valeurs dans divers engagements dans lesquels il a toujours allié les paroles et les actes, avec une haute idée de la perfection et de la vérité. Cette extrême exigence qu’il vivait à son niveau, lui a valu beaucoup de déceptions de toutes natures. Il a rencontré, à son goût, beaucoup de distorsions entre les paroles et les actes autour de lui, dont il a tiré des jugements négatifs. Il s’est senti trahi et a été terriblement déçu par beaucoup. Cela explique sa volonté de donner à son départ un caractère discret qui reste dans la vérité. Il laisse le message d’une vie militante au service de l’homme au cours de laquelle il s’est donné totalement en faisant beaucoup de choses pour les autres. Ceux et celles qui ont bénéficié de son action en gardent le souvenir. Au revoir Jean, tu as bien œuvré au service de la grandeur de l’homme, de la grandeur de l’humanité et cela dans une diversité de tâches qui te font honneur, parce que tu as voulu servir plutôt que de te servir. Et tu avais encore des projets…. » Vous comprendrez pourquoi nous sommes attachés à l’appellation d’une vraie rue, marque symbolique de ses combats. C’est un grand devoir pour nous.