Dominique BUSSEREAU Secrétaire d’Etat aux transports Ministère de l’écologie De l’énergie, Du développement durable Et de l’aménagement du territoire Grande Arche Tour pascal A et B 92055 la défense cedex
Mulhouse, le 12 décembre 2008
Objet : devenir de la Gare du Nord de Mulhouse
Monsieur le Secrétaire d’Etat,
Je me permets d’attirer votre attention sur le sombre devenir de la Gare du Nord de Mulhouse.
La SNCF a présenté le 14 novembre dernier un projet d’« évolution de la production frêt au triage Mulhouse Nord ». Ce plan prévoit notamment, la fin du tri par gravité, au profit d’un tri des wagons à plat.
Cette perspective se solderait par la disparition de 30 emplois sur le site, état de fait aggravé par la forte baisse du nombre de wagons traités quotidiennement sur le site.
A ce projet qui inquiète fortement les syndicats de cheminots, s’ajoutent plusieurs réorganisations déjà engagées.
Ainsi la suppression du centre de gestion des flux (40 emplois) est déjà une réalité de même que la suppression du centre de services et d’appui (12 emplois).
La baisse d’activité constante aura également de fortes répercussions côté conducteurs et personnel de maintenance. Au total ce sera très rapidement une centaine d’emplois perdus sur le site avec peu de possibilités de reclassement sur le bassin d’emploi de Mulhouse, déjà très touché par les difficultés économiques du moment et sur lequel plane le spectre de la crise du secteur automobile.
A terme, l’ensemble de ces « réorganisations » semblent bel et bien indiquer une volonté de fermeture définitive de ce site, la SNCF positionnant le triage de Mulhouse Nord sur une voie d’évitement, au profit de marchés à forte rentabilité sur des acheminements de train directs par train entier.
Il s’agit bien là d’un pan entier de l’économie locale qui est sur le point de disparaître dans l’indifférence générale. C’est ce que ressentent profondément les cheminots en grève que j’ai pu rencontrer et soutenir sur leur lieu de travail mercredi dernier.
Outre cet aspect fondamental qui consiste, pour la SNCF, a privilégier la rentabilité aux dépens des hommes qui y travaillent et de leur avenir, la fermeture programmée de ce site constitue également un outrage à l’esprit et aux décisions prises lors du Grenelle de l’environnement.
En effet, le projet national de la SNCF de réorganisation du frêt et du tri autour de 4 sites seulement va à l’encontre de tout ce qui caractérise une bonne politique de développement durable, au profit une fois encore d’une certaine rentabilité à court terme. Chaque wagon de marchandise va être ainsi amené à parcourir entre deux et dix fois les distances qu’il parcourait aujourd’hui pour rejoindre l’un des 4 sites nationaux et repartir vers sa destination finale. Le surcoût d’énergie globale nécessaire à ces nouvelles opérations, difficilement quantifiable aujourd’hui, ne sera certainement pas anodin pour la planète.
Pour toutes ces raisons, il me serait très agréable, Monsieur le Secrétaire d’Etat, que vous puissiez intervenir auprès de Monsieur Guillaume Pépy, Président Directeur Général de la SNCF, pour que l’ensemble de ces projets anachroniques et dangereux soit abandonné.
Vous en remerciant par avance, je vous prie de croire, Monsieur le secrétaire d’Etat, à l’assurance de toute ma considération.
Gilbert BUTTAZZONI