gilbert_cg.jpg Les 11,5 M€ (millions d’euros) du fonds de solidarité attribués au Haut-Rhin ont monopolisé le débat d’orientations budgétaires hier, à Colmar. Charles Buttner voit dans cette enveloppe exceptionnelle « un miracle, mais aussi une goutte d’eau ». La sollicitation du fonds de solidarité des départements, qui a suscité critiques à mots couverts et franches railleries, était « parfaitement légitime, juste et équitable », martèle le président du conseil général, qui revient sur les 200 M€ de dépenses sociales non compensées par l’État et une épargne nette réduite « de 91 à 38 M€ » ces trois dernières années. À ses yeux, l’enveloppe récompense aussi une « gestion rigoureuse » : « Pensez-vous que l’État donnerait cet argent à des gens qui ne le gèrent pas bien ? » La majorité fait bloc derrière son président à l’image de Rémy With, qui salue son « courage politique » et enfonce le clou : « Nous n’avons pas demandé une aide de gestion mais un complément de dotation. » « Mieux que zéro » Pour le socialiste Pierre Freyburger, l’obtention de cette manne signifie surtout que « notre situation n’est pas aussi brillante qu’on veut bien nous le dire et se dégrade à vitesse grand V ». Il en veut pour preuve l’autofinancement ramené de 72 à 48 M€ pour l’année à venir. L’écologiste Henri Stoll rappelle pour sa part que le compte n’y est pas, même si « 11 M€, c’est mieux que zéro ». Michel Habib lui fait écho : « J’ai l’impression qu’on est en train de s’excuser de toucher ces 11 M€ alors qu’il en manque encore 240. » Francis Flury reprend l’offensive pour la majorité : « Si on touche quelque chose, ce n’est pas parce qu’on est les plus mauvais, mais peut-être les plus vertueux. » En témoigne selon lui « la réalité des chiffres » : dépenses de fonctionnement inférieures à la moyenne nationale, investissement supérieur, encours de dette « le plus bas des sept départements aidés ». Il réfute surtout la comparaison avec la Corrèze, autre grand bénéficiaire du fonds de solidarité et plus mauvais élève selon lui dans tous ces domaines. Au passage, il relève aussi que les dépenses obligatoires sont plus fortes dans le Haut-Rhin que dans le Bas-Rhin. « Au fond de la nasse » « On peut aussi comprendre qu’on a trop dépensé par rapport au Bas-Rhin », réplique le socialiste Gilbert Buttazzoni. Argument repris par Pierre Freyburger à propos des orientations budgétaires 2012 (lire l’encadré ci-dessous) : « Nous sommes aujourd’hui confrontés aux choix budgétaires qui auraient dû être faits dès l’arrivée de la crise, mais on a misé sur de vieilles recettes plutôt que sur une remise à plat structurelle ». Charles Buttner lui oppose sans complexe une « volonté forte d’accompagner les communes et intercommunalités » : « Nous sommes un des départements qui les aide le plus ». Mais pour le socialiste, « il faut arrêter les discours incantatoires : nous sommes au fond de la nasse ». le 15/10/2011 à 05:00 par Clément Tonnot